Le trot plus qu'une allure, une culture
Les métiers du Trot
L'ÉLEVEUR
Il est habituellement présenté comme le premier acteur du monde des courses. Celui par qui tout commence. L'éleveur est celui (ou celle) qui a en charge la production du Trotteur Français. Propriétaire d'une ou plusieurs poulinières, les juments vouées à la reproduction, l'éleveur a évidemment un rôle essentiel.
La caractéristique première de l'élevage est qu'il s'inscrit dans la durée. Un éleveur ne peut en effet prétendre mesurer les résultats de son travail et de ses investissements qu'au bout de plusieurs années, lorsque les poulains qu'il a fait naître pourront s'exprimer en compétition et montrer alors leur (éventuelle) qualité. Les grandes phases de l'élevage sont au nombre de sept (voir aussi Élevage du Trotteur Français).
  • Le choix de l'étalon pour une poulinière ;
  • La saillie ;
  • Le poulinage ;
  • Déclaration de naissance du produit ;
  • L'allaitement ;
  • Le sevrage ;
  • La croissance.

Les obligations de l'éleveur Élever un trotteur exige un suivi quotidien en certaines périodes de l'année. Entre la période de gestation de la poulinière jusqu'au moment où le poulain quitte son éleveur, ce dernier n'aura de cesse de s'assurer que son effectif (poulinières et poulains) dispose d'apports alimentaires complets et adaptés. Une carence à une période de vie d'un poulain peut, en effet, avoir des conséquences néfastes lors de sa vie future d'athlète de haut niveau.
L'autre grande obligation de l'éleveur est de s'assurer que son effectif est en parfaite santé. Des maladies "infantiles", même bénignes mais mal soignées, peuvent là encore hypothéquer la carrière d'un futur cheval de course.

Le cas de l'éleveur sans sol Si l'éleveur se conçoit au cœur d'une activité agricole avec des prés d'élevage, il existe aussi l'éleveur sans sol. Comme cette dénomination le laisse entendre, l'éleveur sans sol ne dispose pas de ses propres infrastructures. Il met alors en pension son effectif chez une tierce personne, en charge de l'élevage au quotidien. L'éleveur sans sol n'en reste pas moins éleveur officiel et perçoit à ce titre la prime à l'éleveur.

Au total en France en 2008, on compte 6.834 éleveurs officiels (enregistrés auprès du Cheval Français) qui possèdent 16.233 poulinières. Soit une moyenne de 2,4 poulinières par éleveur.

Un travail dans la durée
Entre le moment où l'éleveur acquiert une jument et celui où un produit de celle-ci se présente en compétition, il faut compter au minimum - et c'est là le meilleur des scénarios - trois ans. Il y a au début du processus, la saillie de la poulinière par un étalon choisi par l'éleveur. L'année suivante, la naissance d'un poulain finalise la période de gestation. Ensuite, pendant 18 mois, l'éleveur s'attache à apporter au poulain tous les éléments essentiels à sa croissance. Cela signifie que le poulain doit disposer de prés qui lui apportent une base naturelle nutritionnelle riche. Il doit aussi recevoir de la part de l'éleveur une nourriture complémentaire, étudiée et différente en fonction de son âge. Généralement, le poulain intègre ensuite le circuit de l'entraînement. Dans le meilleur des cas, il pourra courir l'été suivant, lorsqu'il aura 2 ans. Pourtant, le cas de figure le plus commun est un début en compétition l'année suivante. Le cheval a alors 3 ans.
La prime à l'éleveur
Le Cheval Français a développé un système original et unique au monde : la prime à l'éleveur. À vie, l’éleveur (ou les éleveurs) touchera un pourcentage sur les gains obtenus par son élève en compétition, en France. Même si le cheval ne lui appartient plus.
Ce taux est de 12,5% en 2008. Au total, 26 142 880 € ont ainsi été distribués aux éleveurs en 2008.